Petit résumé en images...

Crédits : Chloé Duval, Juliette Buchez et Anthony Ducruet, Centre universitaire d'enseignement du journalisme (CUEJ) de Strasbourg.


Les détails...

Je m'appelle Véronique Bertrand et je vis à Strasbourg depuis plus de 20 ans.

Mais le vélo et moi, ça fait beaucoup plus longtemps : mon premier amour était un petit brun pas très sportif et nous avons fait connaissance à mon entrée en 6e. Il m’a accompagnée pendant des décennies. On s’est fait un peu la gueule par moments, notamment à cause de certaines grandes côtes entre mon domicile et mon travail où je peinais trop sur mon mini. Et puis je suis arrivée à Strasbourg et j’ai craqué pour un autre, rouge avec de grandes roues, fin, léger, sportif. On a passé 20 ans ensemble. 


Au printemps 2016, il est devenu mon vélo de secours, remplacé par un beau vélo de ville très élégant. Je l'ai un peu customisé pour la fête du vélo 2016...

Aujourd'hui je vais travailler tous les jours à vélo, été comme hiver, quel que soit le temps. 


Si ça n'existe pas, invente le !

Les jupes à vélo, j’ai commencé tard : j’étais plutôt du genre à grimper aux arbres et à jouer au foot. Mais depuis au moins 15 ans ça m’arrive de plus en plus souvent, et pas seulement parce que mon boulot m’y incite.

Mais voilà, ça coinçait, ou plutôt, ça SE coinçait : la jupe dans les rayons, la jupe entre le frein et le pneu arrière (ça, c’est le trou assuré au bout de deux ou trois tours de roue), et puis ça s’envolait. Vous les filles, vous voyez bien ce que je veux dire, n'est-ce pas ?

Les années ont passé à me dire que les jupes qui s’envolent, c’est pénible et qu’ « ils » allaient bien trouver un truc pour régler le problème. Mais « ils » n’ont rien fait, rien du tout. Ils nous ont laissées nous débrouiller. Alors au bout du compte, l’idée est parvenue à la surface, de plus en plus souvent et de plus en plus évidente : « puisqu’ils ne le font pas, je vais le faire ».


It's a long way my friend

Avant toute chose, faire l'inventaire de mes forces et faiblesses : je dispose d'un goût affirmé pour le bricolage (pas toujours réussi et parfois sanctionné de blessures plus ou moins graves), d'une machine à coudre, de talents limités en couture, de talents artistiques encore plus limités, mais d'une imagination débordante, étayée d’un solide sens pratique.

Bien… mais après ? J’ai commencé à regarder sur internet les tissus, rubans, attaches et autres bricoles de mercerie et quincaillerie en essayant d’imaginer à chaque fois comment je pourrais m’en servir. Ensuite, j’en ai commandé pour faire des essais. Parfois, je voyais tout de suite que ça n’irait pas, parfois je bricolais un moment avant de laisser tomber.

De fil en aiguille, de bouts de tissus en pinces à cheveux, d’épingles en rubans, d’élastiques en boucles, il m'a fallu presque deux ans de bricolage et de tâtonnement pas très intensifs pour arriver à un résultat satisfaisant.

Le faire c'est bien, le vendre, ce n'est pas une mauvaise idée non plus

Pendant tous ces mois de mise au point, je n’ai cessé de penser à commercialiser mon invention. Je réfléchissais donc en parallèle à tout ce que ça implique : un entreprise, un mode de diffusion, de la paperasse, du travail supplémentaire… tout à la fois avec envie et répugnance. Après tout, je ne m’ennuyais pas, mon « vrai » travail m’occupant déjà pas mal. Mais là encore, l’idée était tenace et a fini par s’imposer.


Et puis il y a tout le reste, et ce n'est pas rien

 

Une fois décidée, j'ai réfléchi, fureté, comparé, interrogé, re-réfléchi, essayé, dessiné, rédigé, re-interrogé... et tout s'est mis en place petit à petit.

Tous les parents parmi vous se sont penchés, voire déchirés, sur le choix du prénom du futur bébé. Moi aussi ! Des semaines, des mois de réflexion, des dizaines de discussions et de sondages auprès de mes amis avant d’arriver au choix final : la marque " Les filles à vélo" est née au printemps 2015. Elle a été déclarée officiellement le 20 juillet.

Les filles à vélo, entreprise individuelle, a été créée officiellement le 15 février 2016, environ quinze ans après que l’idée ait traversé pour la première fois ma cervelle et deux ans après que j’ai commencé à y travailler concrètement. Elle a un joli numéro d'immatriculation au registre des entreprises, plein de rondeurs en roue de vélo.


Mais de quoi on cause à la fin ?

Ma première invention est une sorte de jarretelle, mais pas question d'utiliser ce mot qui évoque un morceau de viande. Là encore, des tas de discussions, des pages entières de mots dans plusieurs langues pour essayer des associations, des insomnies et des rêvasseries. J'ai opté la simplicité : ce sera une jarretelle, mais sans le jarret, donc une « jart’elle ».



Une fois réalisées les photos et vidéos, j'ai travaillé sur une ligne graphique cohérente avec le logo, puis j'ai conçu le packaging de la jart'elle.


La fabrication

J'ai créé des centaines de modèles de jart'elles (tous déposés et protégés). Un an après la création des Filles à vélo, plus de mille pièces ont été fabriquées, dont 320 pour Strasbourg Eurométropole, qui m'a passé commande pour le challenge "Au boulot à vélo" de juin 2016. Les autres sont vendues dans les boutiques partenaires ou en ligne. Je continue à fabriquer au gré de mon imagination dès que je trouve un moment.